Une bonne terrasse de jardin est dimensionnée pour les meubles que vous y mettrez vraiment, placée là où se trouve le soleil quand vous êtes chez vous, et dotée d’une source d’ombre et d’une source de lumière bien définies. La plupart des terrasses décevantes échouent sur l’un de ces trois points, pas sur le choix de la dalle. Chaque idée d’aménagement de terrasse de jardin ci-dessous part de ces décisions, avant d’aborder les revêtements, les plantations et le style, avec des fourchettes de prix pour voir où va l’argent.
Partir de l’endroit où l’on s’assoit, pas de là où finit la maison
La terrasse par défaut est un rectangle coulé contre la porte arrière. C’est pratique pour porter les assiettes, et souvent mauvais pour tout le reste. Avant de dessiner quoi que ce soit, passez un week-end à noter où tombe le soleil à 9 h, 13 h et 19 h. Vous trouverez en général l’une de ces trois situations :
- Le mur arrière reçoit le soleil du soir. Vous avez de la chance. Construisez contre la maison, sur 4–5 m de profondeur, et prévoyez l’ombre avec un parasol mobile plutôt qu’un toit fixe pour garder la lumière chaude.
- Le mur arrière est à l’ombre tout l’après-midi. Gardez un petit palier dallé devant la porte (2 × 3 m suffisent pour une table bistrot et le barbecue) et placez l’espace assis principal là où tombe le soleil de fin de journée, même à 10 m au fond du jardin. Reliez les deux par des pas japonais ou une allée en gravier.
- Tout le jardin est en plein soleil toute la journée. La terrasse a besoin d’une ombre intégrée dès le départ : une pergola avec une voile en toile, un arbre planté dès maintenant, ou un coin couvert contre la maison.
C’est le deuxième cas qu’on rate le plus souvent. Une terrasse éloignée paraît contraignante sur le papier ; en pratique, l’endroit où l’on voit le coucher de soleil est celui où tout le monde finit par emporter son verre.
La dimensionner à partir des meubles
Mesurez les meubles que vous possédez ou comptez acheter, puis ajoutez la circulation. Les chaises d’extérieur sont plus larges et plus profondes que les chaises de salle à manger, et on les recule davantage.
| Usage | Surface minimale | Surface confortable |
|---|---|---|
| Table bistrot pour deux | 2 × 2 m | 2,5 × 2,5 m |
| Table pour quatre | 3,5 × 3,5 m | 4 × 4 m |
| Table pour six | 3,5 × 4,5 m | 4 × 5 m |
| Salon de jardin (canapé, deux fauteuils, table basse) | 3,5 × 4 m | 4 × 4,5 m |
| Table pour six plus salon | 4 × 7 m | 5 × 8 m |
Laissez 90 cm derrière chaque chaise reculée, et un passage libre de 1 m entre la porte et la pelouse qui ne coupe pas entre la table et le barbecue. Si les chiffres de la colonne de droite ne rentrent pas, descendez à l’usage inférieur plutôt que de tasser. Une table de quatre sur une terrasse bien proportionnée sert davantage qu’une table de six qu’il faut contourner de biais.
Tracez le contour sur la pelouse avec une ficelle ou un tuyau d’arrosage et installez-y vos vraies chaises pendant quelques soirées. Cela ne coûte rien et évite la plupart des erreurs de taille.
Choisir le revêtement selon le budget, le drainage et l’entretien
Le revêtement est le plus gros poste et le plus difficile à changer ensuite. Les prix ci-dessous sont des coûts posés courants en Europe de l’Ouest avec une fondation standard ; un terrain en pente ou gorgé d’eau ajoute 20–40 %.
- Gravier (25–45 €/m²). Le moins cher, draine parfaitement, s’agrandit facilement et crisse agréablement sous les pas. Utilisez du gravier concassé 10–20 mm sur une base compactée avec un feutre ; les graviers ronds roulent et finissent dans la maison. Les pieds de chaise s’enfoncent un peu : il convient mieux à un salon de jardin qu’à une table.
- Dalles béton (50–90 €/m²). Le cheval de bataille. Les grands formats (60 × 60 cm ou 60 × 90 cm) en gris chaud paraissent bien plus haut de gamme que les petits pavés autobloquants, pour un prix proche.
- Carrelage extérieur en grès cérame (80–140 €/m²). Fin, anti-taches et précis. Choisissez un classement antidérapant R11. Il exige une base très plane et bien préparée, et la pose est plus technique : la main-d’œuvre pèse davantage dans le coût.
- Pierre naturelle (90–180 €/m²). Grès, calcaire ou granit. Vieillit bien, varie d’une dalle à l’autre, et c’est le choix qui convient aux jardins anciens. Un traitement tous les 2–3 ans fait partie du contrat pour les pierres poreuses.
- Terrasse en bois ou en composite (70–160 €/m²). Idéale pour les terrains en pente, où une terrasse évite des murs de soutènement, et pour rejoindre un seuil de porte surélevé. Le bois résineux demande un saturateur chaque année ; le composite non, mais il chauffe en plein soleil.
Quel que soit votre choix, le revêtement doit avoir une pente d’environ 1:60 à l’opposé de la maison pour que l’eau ne stagne pas contre le mur. Soit 1,5 cm par mètre, invisible à l’œil, et c’est ce qu’une pose bon marché oublie le plus souvent.
Si vous hésitez entre deux revêtements, une approche mixte fonctionne bien : des dalles sous la table où les chaises bougent, du gravier sur les bords et sous le salon de jardin. Cela réduit aussi le coût total.
L’ombre : choisir une source principale
Une terrasse sans ombre reste vide de midi à 17 h en été. Une terrasse avec trois demi-solutions (un parasol, une voile et un arbre à moitié poussé) paraît encombrée. Choisissez une source principale et concevez autour.
- Parasol déporté (250–900 €). Flexible, suit le soleil, sans autorisation. Le pied a besoin de 60–100 kg de lest ou d’un ancrage au sol.
- Voile d’ombrage (150–600 € plus les poteaux). Bon marché pour la surface couverte et légère visuellement. Elle demande des points de fixation solides ; une voile de 5 m tire fort sur un mur de maison par grand vent.
- Pergola (1 500–6 000 € posée). Une structure en bois ou en aluminium qui fait de la terrasse une pièce extérieure. Laissez-la ouverte et faites-y grimper une plante, ou ajoutez une toile rétractable ou un toit à lames orientables. Les pergolas bioclimatiques en aluminium commencent vers 6 000 € pour 3 × 4 m.
- Un arbre (150–800 € pour un sujet semi-adulte). Le plus lent et le meilleur. Un amélanchier multitronc, un érable champêtre ou un pommier d’ornement donne une ombre tamisée en 4–5 ans, sans racines qui soulèvent les dalles s’il est planté à au moins 3 m.
L’éclairer pour la soirée, pas pour la sécurité
Un seul projecteur sur le mur arrière est le moyen le plus rapide de faire ressembler une terrasse à un parking. Visez plutôt trois couches basses :
- Ambiance : guirlandes guinguette ou une suspension sous la pergola, sur variateur, en blanc chaud (2 200–2 700 K).
- Balisage et marches : petites bornes ou spots encastrés dans les marches pour que personne ne trébuche, environ un tous les 2–3 m.
- Accent : un ou deux projecteurs orientés vers le haut au pied d’un arbre ou d’un mur texturé.
Un kit basse tension simple pour une terrasse de 20 m² coûte 200–600 € de matériel. Les prises extérieures câblées et les luminaires fixes relèvent de l’électricien ; comptez 400–1 200 € selon la longueur de câble depuis la maison.
Planter les bords pour en faire une pièce
Ce qui distingue une dalle d’une terrasse, c’est la bordure. Des plantations à hauteur d’assise ou plus sur au moins deux côtés donnent une impression d’espace clos, même dans un petit jardin.
- Des bacs ou jardinières surélevés (60–300 € pièce) le long d’un bord apportent de la hauteur et un endroit où poser un verre. À 45 cm de haut, ils servent aussi d’assise d’appoint.
- Des graminées ornementales (calamagrostis, miscanthus, pennisetum) bougent au vent, filtrent les regards sans bloquer la lumière et ne demandent qu’une coupe par an.
- Du parfum près des assises : lavande, romarin, jasmin étoilé sur un treillage, ou un citronnier en pot si les hivers sont doux.
- Une haie ou un claustra à lames côté fenêtre du voisin, de 1,6–1,8 m de haut, apporte de l’intimité là où vous êtes assis plutôt que le long de toute la limite.
Si le reste du jardin reçoit aussi de l’attention, les principes du guide d’aménagement de jardin avant s’appliquent ici : répétez deux ou trois plantes plutôt que d’en collectionner vingt isolées. Pour les petits espaces, beaucoup d’astuces d’aménagement de petit balcon se transposent bien à une petite cour.
Cinq agencements de terrasse qui fonctionnent
- La terrasse repas : 4 × 5 m de dalles grand format contre la maison, une table pour six, un parasol déporté et des jardinières sur deux côtés. Classique et pratique.
- Le coin coucher de soleil : un cercle de gravier de 3 × 3 m au fond du jardin, deux chaises longues, un brasero et une allée de pas japonais jusqu’à la maison.
- Les deux niveaux : un petit palier dallé près de la porte pour le barbecue, deux marches plus bas une terrasse salon plus grande. Fonctionne sur les terrains en pente et agrandit visuellement le jardin.
- La pièce sous pergola : une pergola en bois au-dessus d’une terrasse en pierre, un rosier grimpant ou une vigne, une suspension et des rideaux d’extérieur d’un côté. La plus « pièce » de toutes et la plus chère.
- La cour : dans un petit jardin clos de murs, tout dallé, des plantations en bacs surélevés le long des murs et une seule table de quatre. Pas de pelouse à tondre.
Ce que coûte vraiment une terrasse
Pour une terrasse de 20 m², de quoi accueillir une table pour quatre ou un salon de jardin :
| Niveau | Ce qui est inclus | Total courant |
|---|---|---|
| Économique | Gravier, bordure acier, parasol, guirlande solaire | 900–2 000 € |
| Intermédiaire | Dalles béton, pente d’écoulement, jardinières, éclairage basse tension | 2 500–5 500 € |
| Haut de gamme | Pierre naturelle ou grès cérame, pergola, éclairage câblé, bacs maçonnés | 7 000–15 000 € |
Le terrassement et la fondation sont ce que l’on sous-estime : environ 15–30 € le m² avant la pose du moindre revêtement, davantage s’il faut évacuer la terre. Notre guide du budget de rénovation d’une maison explique comment prévoir une marge de 10–15 %, dont les travaux extérieurs ont encore plus besoin que l’intérieur. Si vous hésitez à la poser vous-même, les arbitrages entre faire soi-même et faire appel à un artisan s’appliquent directement : le gravier est un bon projet à faire soi-même, le grès cérame rarement.
Tester le rendu avant de commander la pierre
Des échantillons de dalles paraissent complètement différents sur une table ensoleillée de showroom et contre votre brique et votre pelouse. Commandez deux ou trois dalles d’échantillon, posez-les au sol à l’emplacement de la terrasse, et regardez-les mouillées et sèches, le matin et le soir.
Pour juger l’ensemble de la composition (couleur du revêtement, pergola ou pas, hauteur des plantations), une photo du jardin passée dans Exterior Redesign de Homie montre deux ou trois versions côte à côte avant le premier coup de pelle. Elle ne vous dira rien du drainage ni de la fondation, mais c’est un moyen rapide de découvrir que le dallage anthracite qui vous plaisait assombrit un jardin orienté nord, ou qu’une pergola étouffe une petite cour.
Décidez ensuite dans cet ordre : emplacement, taille, revêtement, ombre, lumière, plantations. Le style vient en dernier, et à ce stade l’essentiel a déjà été décidé pour vous.